Cette page de l'actualité de concerne pas Bolly, mais c'est un évènement grave et déplorable pour l'avenir du Pakistan.Benazir Bhutto, tuée dans un attentat à Islamabad.
L'ex-premier ministre a reçu une balle dans le cou juste avant un attentat suicide à Islamabad. Il y a au moins 20 autres morts et 56 blessés. Quatre personne au moins sont mortes lors des violentes réactions à l'attentat. Les forces de sécurité sont en "état d'alerte".
L'assassinat de l'ex-Premier ministre, Benazir Bhutto, par un kamikaze, jeudi 27 décembre, a déclenché une véritable vague de violences qui s'est propagée à l'ensemble du pays. Quatre personnes, au moins, ont été tuées par balles lors des réactions violentes à l'assassinat, a annoncé la police. Par ailleurs, quatre policiers ont été blessés par balles et 20 maisons ont été brûlées dans un village jeudi.
Le principal tribunal et un autre bâtiment officiel ont été incendiés jeudi soir à Jacobabad, la ville du Premier ministre pakistanais de transition, dans le sud du Pakistan, quelques heures après la mort de Benazir Bhutto.
Une foule en colère a aussi mis le feu à plusieurs commerces, dont certains appartenant au Premier ministre, Mohammedmian Soomro, nommé le 16 novembre par le président Pervez Musharraf à la tête d'un gouvernement de transition chargé d'organiser les élections législatives et provinciales prévues le 8 janvier.
Nawaz Sharif, l'autre leader de l'opposition et ex-Premier ministre, a annoncé jeudi que son parti boycotterait les élections à la suite de cet assassinat. Il a appelé le président, Pervez Musharraf, à démissionner.
Les forces de sécurité du pays, c'est-à-dire la police et les troupes paramilitaires, ont été placées en "état d'alerte", a annoncé le ministère de l'Intérieur.
Manifestations réprimées
Un commissariat de police a été visé à coups de pierres ainsi que des voitures appartenant à des particuliers.
Des manifestations ont aussi eu lieu dans la ville de Multan (centre) où une centaine de partisans du Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de Benazir Bhutto ont brûlé des pneus et bloqué la circulation.
Les commerçants locaux ont décrété trois jours de deuil.
Les commerces étaient également fermés à Karachi, le fief politique de Benazir Bhutto où des protestataires ont enflammé des pneus et bloqué les routes.
Le kamikaze tire et se fait exploser
L'ex-Premier ministre pakistanais et leader de l'opposition, Benazir Bhutto, a été tuée par un kamikaze, lors d'un meeting électoral dans la banlieue d'Islamabad, à deux semaines des élections législatives.
Benazir Bhutto a reçu une balle dans le cou tirée par le kamikaze, qui s'est ensuite fait exploser, causant la mort d'au moins 20 autres personnes et en blessant au moins 56 autres, ont précisé les forces de l'ordre.
Egalement atteinte par un fragment de bombe,[s] Benazir Bhutto a été transportée à l'hôpital, mais elle est morte des suites de ses blessures.Selon un conseiller du Parti du peuple pakistanais (PPP) à la sécurité, l'opposante, âgée de 54 ans, avait reçu plusieurs balles, dans le cou et dans la poitrine.Réunion d'urgenceLa télévision d'Etat a indiqué que le chef de l'Etat, Pervez Musharraf, avait présidé à Islamabad une réunion d'urgence. Le Premier ministre, Mohammedmian Soomro, a promis que le gouvernement allait "mettre au jour le complot" contre le Pakistan. Le président, Pervez Musharraf, a qualifié l'assassinat de Benazir Bhutto d'"immense tragédie nationale" et a décrété trois jours de deuil national.
De son côté, l'ancien Premier ministre, Nawaz Sharif, a promis aux Pakistanais de "mener leur guerre" après la mort de Benazir Bhutto.Condamnations unanimesL'annonce de la mort de Benazir Bhutto a suscité des condamnations unanimes dans le monde entier. Le président des Etats-Unis, George W. Bush, a fortement condamné le "lâche" assassinat "perpétré par des extrémistes assoiffés de sang" tout en appelant les Pakistanais à poursuivre le processus démocratique. La Maison Blanche a indiqué que George W.Bush comptait appeler son homologue pakistanais, Pervez Musharraf, pour discuter de la situation. La Maison Blanche a appelé le Pakistan au calme et a laissé aux Pakistanais le choix de reporter les prochaines élections. Washington a attribué l'attentat à des "ennemis de la démocratie" usant les mêmes méthodes qu'Al-Qaïda tout en jugeant prématuré de dénoncer explicitement des coupables.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a entamé jeudi après-midi des consultations décidées en urgence après que le secrétaire général, Ban Ki-moon, a qualifié l'assassinat de "crime odieux".
Avant la séance à huis clos, le président du Conseil en décembre, l'ambassadeur d'Italie Marcello Spatafora, a déclaré à la presse que les quinze Etats membres exprimeraient leur condamnation de ce qu'il a appelé un "acte inacceptable".
Selon les diplomates, cette condamnation devrait prendre la forme d'une déclaration, non contraignante mais dont l'adoption requiert l'unanimité, rédigée par l'Italie.
Série record d'attentats suicide Ce drame est le dernier d'une série record d'attentats suicide dans l'histoire du Pakistan, qui ont fait plus de 780 morts en 2007.
Le plus meurtrier, pour l'heure, avait déjà visé une manifestation du parti de Benazir Bhutto: le 18 octobre, deux kamikazes avaient tué 139 personnes lors d'un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient, à Karachi, la grande ville du sud, le retour de l'ex-Premier ministre après six années d'exil. Elle avait réchappé du double attentat parce qu'elle se trouvait à l'intérieur d'un camion blindé en tête du défilé.
Menacée Depuis lors, les autorités ont multiplié les avertissements, assurant que des informations "précises" permettaient de penser que les terroristes islamistes voulaient attenter à la vie de Benazir Bhutto.
Après l'attentat du 18 octobre, elle avait accusé à plusieurs reprises des "hauts responsables" proches du pouvoir et des membres des services de renseignements d'être à l'origine de cette attaque, sans jamais le prouver.
L'ex-Premier ministre dirigeait le principal parti de l'opposition au président Pervez Musharraf, le PPP, depuis qu'elle lui avait tourné le dos début novembre. Elle avait négocié, dans un premier temps, un accord de partage du pouvoir qui lui avait permis de rentrer d'exil grâce à une amnistie mettant un terme à des poursuites pour corruption, du temps où elle dirigeait le pays (1988-1990 et 1993-1996).
Etat d'urgence C'est précisément en invoquant notamment la menace terroriste islamiste que Pervez Musharraf avait instauré l'état d'urgence, le 3 novembre. Après quelques jours de tergiversations, Benazir Bhutto avait mis un terme à ses négociations avec le chef de l'Etat pour un partage du pouvoir, dans la perspective des élections législatives et provinciales, prévues pour le 8 janvier. Elle était alors entrée dans l'opposition.
Face à la pression intense de la communauté internationale et de l'opposition, le général Musharraf, qui a été réélu pour un second mandat, le 6 octobre, par les assemblées sortantes, a finalement levé l'état d'urgence le 15 décembre. Il a alors promis de tout faire pour assurer la sécurité de la campagne électorale et des opérations de vote.
source : nouvelobs.com